Font’Arts s’offre une nouvelle jeunesse

Le festival Font’Arts est en train de vivre de grands changements au sein de son organisation. Cela n’entame en rien la vitalité de l’événement qui prépare une 19ème édition de toute beauté. Comme d’hab

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Lucien Maillan, président de l’association Projecteur, qui a lancé Font’Arts le festival pernois des arts de la rue, a passé le flambeau à la fin de la 18ème édition, l’année dernière. C’est donc avec une nouvelle équipe autour d’une nouvelle présidente, Hélène Doulce, que cette 19ème édition verra le jour. « Nous essayons de faire entrer de la jeunesse, confirme Aurèlie Vallois, bénévole en charge de la communication pour l’association Projecteur, parce que l’enjeu est de pérenniser le festival et de transmettre petit à petit les clés de la maison. Les personnes qui siègent depuis 19 ans au Conseil d’administration voudraient être sûres qu’elles pourront passer la main en toute tranquillité. Il y a vraiment un phénomène de renouvellement et de transition avec à la fois des piliers historiques qui sont toujours à la barre et de nouvelles têtes, pleine de bonne volonté, qui viennent de rejoindre l’équipe. »

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photo : www.patrickdenis.fr

Font’Arts n’a pas attendu sa dix-huitième saison pour devenir grand. Dès la 4ème année, il se hissait dans les 5 premiers festival de l’été de la région en termes de fréquentation. Aujourd’hui, il compte parmi les plus cotées au niveau national et régional. Les artistes se bousculent pour y participer. Le public pour y assister. « Nous avons effectivement une belle notoriété en ce qui concerne les arts de la rue, confirme Aurélie Vallois, maintenant il est vrai que, comme partout ailleurs, la période est un peu critique pour la culture en général et pour les financements de festival en particulier. Il y a des enjeux très importants surtout en ce qui concerne les financements publics. D’un point de vue artistique les enjeux sont également aussi très forts. C’est-à-dire que nous cherchons vraiment à promouvoir la création issue de cette famille, un peu à part, des arts de la rue, avec les mêmes contraintes que les autres festivals, en l’occurrence des problèmes de financement. »

Pourtant, à l’origine, qui aurait parié une telle réussite des arts de rue à Pernes Fontaine, village très attaché à ses vieilles pierres, à son patrimoine prestigieux, sa culture comtadine, son histoire ? L’arrivée d’artistes, que l’on dit nomades, en plein cœur du village pour un week-end de représentation tous azimuts… Pas évident que les habitants voient ça d’un très bon œil.

 

 

L’exception pernoise

« L’accueil des artistes est super bien réglé, précise Aurélie, des habitants de Pernes se mobilisent pour héberger les artistes, toute la partie restauration est également prise en charge et cela donne lieu à des moments d’échanges et de rencontres entre bénévoles et artistes qui sont extrêmement enrichissants. Il y a vraiment un phénomène d’accueil de la part de la ville. Nous essayons au maximum de les intégrer à la vie pernoise le temps de leur prestation sur le festival. La particularité sur Font’Arts est que nous essayons de plus en plus, au fil des années, de mettre en avant des compagnies régionales. Parce que l’idée est aussi de faire connaître toute la création à nos portes. Bien sûr nous avons déjà invité des troupes européennes qui venaient d’Italie, d’Allemagne, de Belgique, où d’ailleurs, mais il est vrai aussi que nous essayons de donner une certaine priorité à la création régionale. »

Les financeurs institutionnels favorisent évidemment cette orientation du festival. Notamment à travers les troupes financées par la Région ou le Département dans le cadre de la création artistique, qui trouvent là de belles occasions de se présenter aux publics.

Vitrine régionale

« Nous sommes en effet un peu la vitrine de cette création régionale, reprend Aurélie, une trentaine de troupes vont investir la ville cette année. Nous sommes sur une centaine de spectacles gratuits pendant tout un week-end. Je trouve que la particularité de ce festival est vraiment d’ouvrir la ville, de permettre aussi aux habitants de se rencontrer parce que Font’Arts  touche tous les publics. Il n’y a qu’à se promener dans les rues de Pernes pour se rendre compte que l’on y croise toutes les générations pour l’occasion. Que ce soit les plus petits, puisque nous nous attachons dans la programmation à offrir des spectacles dédiés aux plus jeunes, ou les plus anciens qui peuvent trouver du théâtre d’auteur… Il y en a vraiment pour tous les goûts. Du coup on se retrouve avec un véritable melting-pot de générations pendant tout un week-end. »

Le fait de pouvoir voir également, de près, le travail accompli par ces professionnels avant leur prestation et tout au long de l’année est assez remarquable et réhabilite complètement aux yeux de la population ou d’un public l’image de ces artistes qui ont choisi la rue comme scène et moyen d’expression.

« Qui dit arts de la rue, ne dit pas du tout amateurisme ou improvisation, conclut Aurélie, nous sommes sur des chantiers de création qui demandent parfois plusieurs années de montage, de peaufinage. Nous avons affaire quelquefois à des spectacles d’une qualité extraordinaire et le public ne s’y trompe pas. Nous sommes en plein dans la culture, dans le patrimoine vivant et c’est bien là l’idée originelle de l’association Projecteur : promouvoir la culture auprès d’un très large public et Pernes, non seulement d’un point de vue patrimonial, offre des scènes incroyables, mais a toujours montré une vraie ouverture, une vraie sensibilité à la question de la culture. Il n’y a qu’à voir l’agenda extraordinaire que propose la ville toute l’année avec des rendez-vous culturels de qualité. Nous avions là un berceau presque logique pour lancer un très beau festival des arts de la rue. »

 

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Font’Arts du 7 au 9 aout dans le centre-ville de Pernes-les-Fontaines.

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